Mission

L’Association québécoise des jeunes parlementaires (A.Q.J.P. inc.) fut constituée principalement afin d’encadrer l’organisation du Parlement Jeunesse du Québec à chaque année.  Plus largement, sa mission est de donner aux jeunes une réelle compréhension de la démocratie et de l’appareil démocratique qu’est l’Assemblée nationale du Québec ; amener les jeunes à mieux comprendre et à débattre des grandes questions touchant le Québec ; et d’encourager la formation intellectuelle et les qualités de leadership chez les jeunes québécois.

Rôle et historique

La création

C'est en 1949 que le Parlement jeunesse du Québec, alors nommé Quebec Older Boys' Parliament, commence ses activités. Les premiers débats se tiennent alors dans un sous-sol d’église à Montréal sous l'égide du Boy's Work Committee, un organisme dérivé du Council of Christian Education.

Alors sous patronat religieux, les activités du Quebec Older Boys' Parliament sont ouvertes à toutes les dénominations chrétiennes. En fait, les participants sont issus presque exclusivement de quatre fractions de l'Église protestante: unie, anglicane, baptiste et presbytérienne. Le but de la simulation était alors de « captiver l'intérêt des garçons et de les mener vers une relation plus saine et plus pronfonde avec leur Église » (traduction libre d'un document de financement daté de 1953). Cela se constate principalement par certains sujets choisis à l'avance, tel cet extrait du programme de la simulation de 1954: « Programs should be based on the four-fold theme expressed in Luke 2:52: "And Jesus increased in wisdom and stature, and in favour with God and man ».

Une ère de changements

Au cours des années 1960, la religion et les valeurs chrétiennes, même si elles demeurent très présentes au sein de l'organisation, sont délaisssées graduellement dans les débats au profit d’autres préoccupations. La Révolution tranquille fait son oeuvre et on assiste effectivement à une certaine libéralisation des mœurs, avec des projets de lois portant entre autres sur la contraception et la légalisation de l’avortement. Parallèlement, les participants prennent conscience des problèmes à l'étranger et leurs débats dénotent une prise de position visant souvent à dénoncer des situations particulières, par exemple par un projet de loi dénonçant l'apartheid en Afrique du Sud (1965) et un autre prônant la fin de la guerre du Vietnam (1965).

En 1969, un grand changement s'annonce au sein du Quebec Older Boys' Parliament. Par une résolution, les participants décident qu'il est temps d'admettre la mixité puisque « la moitié de la jeunesse québécoise n'est pas représentée au sein de cette assemblée... et considérant que les femmes ont les mêmes droits que les hommes ». Il est donc résolu d'accepter à l'avenir des filles parmi les parlementaires et de changer le nom de l'institution pour Quebec Youth Parliament.

Encore profondément religieux au début des années 1970, le Quebec Youth Parliament manifeste, à partir de 1975, un peu plus de détachement. La modification des règlements, dans le but de remplacer le terme « christians » par « moral », ouvre désormais la porte à d'autres religions et à la disparition de la mention du caractère religieux dans les proclamations de la fin des années 1970. Le Quebec Youth Parliament présente d’ailleurs un projet de loi qui remet en question le rôle de l'Église dans la société moderne et qui va jusqu'à proposer que « The church should not try to involve itself with world or community problems and should then direct itself solely towards the spiritual development of man ».

L'année 1976 est marquée par l'élection du Parti québécois. Le Quebec Youth Parliament conserve son caractère anglophone, mais présente un projet de loi favorisant l'enseignement bilingue et l'intégration en français des nouveaux immigrants.

Un Parlement francophone

C'est dans les années 1980 que le changement le plus marquant survient au sein de l'organisation. Anglophone depuis ses débuts, la simulation devient de plus en plus francophone. Cette modification n'affecte pas seulement la langue dans laquelle se déroulent les débats : elle chambarde complètement tous les aspects de l'organisation, qui tend alors à se présenter comme bilingue. Néanmoins, les caractéristiques principales de la simulation, soit sa non-partisanerie et sa mission éducative sont préservées.

Les premières années de la décennie 1980 sont toujours marquées par une présence anglophone et religieuse importante. Cependant, cette importance va en diminuant, puisque le nombre de participants francophones augmente chaque année et que le parrainage des communautés religieuses protestantes a cessé. Dès le début des années 1980, la plupart des documents ainsi que les projets de loi sont traduits en français et c’est en 1986 qu’un premier ministre francophone est élu à la tête de l'organisation pour la première fois. En l'espace d'un an, l'organisation est devenue francophone : toute la documentation est produite d'abord en français, les participants sont majoritairement francophones et le Quebec Youth Parliament devient le Parlement jeunesse du Québec.

Une nouvelle époque

C’est le 16 août 1988 qu’est constituée l'Association québécoise des jeunes parlementaires (AQJP inc.) en association personnifiée afin d’assurer le financement et la pérénnité du Parlement Jeunesse du Québec. Cela permet à certains participants de passer progressivement au rôle d’administrateur et d’acquérir de nouvelles habiletés. La préparation de la prochaine simulation exige en effet des compétences en gestion, un sens de l’initiative et un engagement profond.

Au cours des années 2000, l’association prend beaucoup d’ampleur. On dénote par exemple la création de simulations régionales, des collaborations à l’international chaque année plus nombreuses et depuis 2009, l’organisation de conférences ouvertes au grand public.