Vers la 60e: Projet de loi sur le crédit à haut risque...
C’est pour moi un privilège, en tant que ministre de la 60e législature de notre vénérable simulation, de publier mon premier message sur ce blogue.
L’idée a fait du chemin, et ce mini-forum pour tous ceux qui se passionnent pour les questions citoyennes est enfin né. Longue vie à ce médium!
Il va de soi que mon premier commentaire porte sur le projet de loi auquel je travaille depuis maintenant plusieurs mois. Permettez-moi de le présenter succinctement.
À l’heure où une grave crise financière frappe particulièrement nos voisins du sud, citoyens et hommes politiques se questionnent sur le système économique que l’Occident a adopté il y a maintenant des décennies. Comment le contrôler? À qui peut-il et doit-il profiter? Est-il viable?
Loin de moi l’idée de répondre à ses questions, mais je me permets cette année de surfer sur la vague de cette remise en question en m’attardant aux particuliers plutôt qu’au Marché ou aux Entreprises (avec majuscule s’il-vous-plaît).
On le sait, la crise actuelle a été précipitée par des décisions douteuses dans le marché hypothécaire. Autrement dit, l’industrie du crédit et la spéculation boursière se sont rencontrées, avec des conséquences funestes. Si des milliers de gens ont vu leur épargne s’évaporer et leur maison se faire saisir, c’est grosso modo parce que les grandes entreprises financières ont mal calculé les risques inhérents aux prêts consentis à ces gens. Ceci nous en dit long sur cette industrie du crédit. Une industrie, qui pendant des années, a prêté à des gens qui n’auraient jamais dû obtenir de si gros prêts. Une industrie qui ne connaît pas le mot surendettement. Une industrie qui a fait en sorte que la dette de l’Américain moyen dépasse son épargne (et je ne parle pas seulement des États-uniens). Une industrie sans qui, pourtant, le capitalisme comme on le connaît aujourd’hui n’existerait pas.
Rassurez-vous! Je ne parlerai guère des entreprises. Plutôt des particuliers. Le mot clé est « surendettement ». Comment éviter que les ménages s’endettent au point de ne plus contrôler leur vie financière? Comment s’assurer que les fameux loan sharks ne puissent plus embobiner leur clientèle? Comment s’assurer que les laissés pour compte du crédit, les malchanceux et les vulnérables économiques puisse avoir accès à la frange saine de l’industrie du crédit? Voici le questionnement qui m’a mené à écrire mon projet.
Mes solutions, en peu de mots :
- distinguer le crédit régulier du crédit à haut risque;
- créer des bureaux nationaux aptes à fournir des services financiers indépendants, gratuits et accessibles aux citoyens de toute la province;
- créer un processus de contrôle des contrats de crédit à haut risque;
- limiter le recours au crédit à haut risque par l’entremise d’un Fondation, responsable du remboursement des personnes aux prises avec divers problèmes de crédit.
L’accès au crédit est-il un droit ou un privilège? Que l’on adhère à l’une ou l’autre de ces visions, il est évident que la société ne peut accepter que des entreprises mènent sciemment des individus au surendettement. De plus, si l’individu est libre de s’endetter ou non, il doit avoir le plus d’outil à sa disposition afin d’utiliser le crédit adéquatement. Enfin, ceux qui aboutissent à une situation de surendettement devraient se voir offrir une autre solution que la faillite. Car si le crédit fait rouler l’économie, il peut aussi causer l’expulsion d’un individu du système économique, advenant que ce dernier, criblé de dettes, ne dispose plus de son salaire.
L’omniprésence du crédit dans nos vies me porte à penser que les ressources communautaires aujourd’hui disponibles ne répondent pas à la demande. Par surcroît, certains comportements à risque, généralisés au sein de la population, laissent à penser que le public est encore trop peu sensibilisé aux implications de l’utilisation abusive du crédit.
Je vous invite tous à vous pencher sur la question, dans ce forum comme dans celui qui se tiendra du 26 au 30 décembre, au Salon bleu!
Bonne session à tous et bienvenue!
Mathieu Letendre,
ministre des Finances pour la 60e législature du Parlement jeunesse du Québec
- Le blogue de Mathieu Letendre
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Tactique
Bonjour monsieur Apostolski,
Non, je n’ai pas été offusqué par votre intervention. Au contraire, votre discours sur la stratégie et vos allusions à Cléomène de Sparte ont piqué ma curiosité. Vous m’avez donné envie d’employer ma propre tactique pour tenter de connaître le fond de votre pensée (oui, je reconnais l’ironie, mais votre admiration pour ce personnage doit provenir de certains attributs et me paraissait également sincère). J’essayais simplement de provoquer une réaction afin de deviner votre pensée réelle sur la dette, le crédit, le rôle de l’état, etc. Il est trop tôt pour dire si nous partagions les mêmes valeurs sur ces questions, mais je tiens quand même à vous féliciter pour votre culture générale. Vous semblez être un habile homme de lettres.
Quant à l’apostrophe, c’est un appel à l’action. Le peuple requiert de l’action contre les pratiques abusives.
Cordialement,
Zeb L.
p.s. Merci de me faire découvrir ce roi spartiate ! Ces cinq dernières années, j’ai eu peu de temps libre pour me consacrer à l’histoire….Un effet secondaire malheureux des études en droit !
p.p.s. Des questions de dette et de politique monétaire ont mené à l’indépendance de nos voisins du sud. Les écrits des fondateurs américains sont un bon point de départ historique pour apprendre sur ces questions…
Nasica contre Gracchos
Bonjour,
Je ne sais si vous étiez présent lors de la rencontre préparatoire de la fin du mois de novembre, lors de laquelle les critiques des différents projets de lois ont été présentés. Nous avons notamment tenu à rappeler que notre devoir est de nous opposer au Ministre, peu importe notre opinion personnelle.
Le PJQ est, pour l'essentiel, une simulation sans cette partisannerie terrible qui mine le système parlementaire britannique et qui choque tant les Suisses, les Allemands ou les Belges. Le Ministre et son alter ego ont cependant une marge de manoeuvre limitée quant au projet de loi auquel ils sont attachés. Ma position est donc déterminée depuis ma nomination.
Il m'est cependant possible de ne pas m'opposer, bêtement et dans une tradition digne de Scipion Nasica aux projets pouvant sembler dignes de Tiberius Gracchus de l'estimé Ministre des Finances. Je n'ai pas l'obligation de déclarer en chambre que 'Moi, je suis POUR l'endettement'. Il est d'autres moyens de critiquer qui, pour ne pas être durs et bornés, n'en sont que plus persuasifs (espérons-le!). Des moyens que je ne peux pas encore, pour l'instant, révéler. Le binôme Ministre/Critique me semble en effet, en quelque sorte, le coeur et l'âme du PJQ, l'axe permettant au débat de se dérouler, les deux personnages du grand théâtre qui donnent la mesure et ne doivent donc jamais varier.
Mais puisqu'il serait malséant de ne pas répondre, au moins minimalement, à votre interrogation, je dirais ce que de toute façon je ne pourrais assurément pas cacher. Je suis plutôt de gauche, avec cependant l'impression (probablement due à une éducation française) que la centralisation et le poids de l'État sont le seul moyen d'équilibrer un peu une société qui ne peut pas être totalement juste.
Je me sauve pour finir mon dernier travail de la session (L'Épître aux Romains de saint-Paul: est-ce l'annonce d'un chistianisme universel pour un empire universel?),
Raphaël
Pauvres Tyrannoi
Bonjour
Et moi la vôtre, cher monsieur. J'espère qu vous n'aurez pas mal prise mon intervention.
Cette question des dettes n'est évidemment pas nouvelle. C'est cela que l'on a tendance à oublier, comme si notre génération n'avait rien à apprendre de ce que celles qui la pécédèrent firent pour survivre. Et tenter de régler pareil problème par un contrôle étatique n'est pas toujours la meilleure solution.
Cléomène, un tyran à la triste fin? Allons bon. C'est la dernière page un peu glorieuse de l'histoire spartiate. Mourir, après une belle bataille contre un adversaire bien supérieur, comment mieux mourir pour un Spartiate? Et puis les sources sur lui sont tellement hostiles... Les historiens marxisants en ont fait une idôle, ce qui a bien entendu entraîné une levée de boucliers contre lui parmi les historiens occidentaux.
Sachez, Monsieur, que la guerre froide est partout. Dans les débats d'historiens, dans la bouche de Sarah Palin, dans les commentaires acerbes de 'Bergy' et de Benoît Brunet sur les 'joueurs de talent', dans les propos de certains de nos collègues péjiquistes sur les politiques économiques à adopter. Espérons que cela se pourra dépasser la semaine prochaine.
Bonne journée,
Raphaël
Projet de loi sur le crédit à haut risque
Bonjour chers collègues,
Ce commentaire s’adresse non seulement à tous ceux qui s’intéressent aux enjeux reliés au crédit, mais également à tous les participants du 60e Parlement jeunesse du Québec. Afin de comprendre les problématiques entourant le crédit, je suggère un épisode de 1h de l’émission Frontline diffusé sur le réseau américain PBS. Le titre de l’épisode est « The card game » et il est disponible gratuitement au lien suivant :
http://www.pbs.org/wgbh/pages/frontline/
À mon avis, c’est un « must see » et j’encourage fortement tout le monde de prendre le temps de visionner l’épisode!
p.s. Je suis surpris d'être le premier à offrir un commentaire sur ce sujet crucial. Pour reprendre les paroles de Jules César lorsqu'il franchit le Rubicon, « Alea acta est »! Maintenant que les dés sont jetés, j’espère voir d’autres commentaires sur le sujet en question.
Cordialement,
Zeb Leduc-W.
Actae avant le premier Acte
Bonjour à tous,
En tant que critique de l'opposition en matière de finances, je me suis dit qu'il était de mon devoir d'écrire aussi au moins quelques mots sur ce sujet.
L'heure n'est pas encore venue des débats endiablés et des critiques acerbes. Il ne faut pas dévoiler son jeu trop rapidement et courir le risque, tel Paulus Aemilianus à Cannae (bien que, mon adversaire étant plus proche de Catilina que du borgne Carthaginois, je n'y risquerais pas grand-chose), d'être brisé avant même que ne s'engage le combat.
Je suis cependant heureux de savoir, de par un petit sondage personnel, que nous ne serons pas seuls, le Ministre et moi, à discuter au milieu d'une assemblée ennuyée et endormie. Le débat ne pourra que profiter de la multiplicité des points de vue et des expériences personnelles et je m'efforcerai donc de ne pas l'abaisser en critiquant le Ministre sur des détails et autres chicaneries.
Je préciserais en finissant, pour M.Leduc-Walker, que la citation exacte est plutôt Alea Jacta (Iacta est aussi acceptable) Est, les dés ont été jetés. Les Actae (Acta au nomitatif singulier) sont des décrets légaux, comme les Actae Caesaris, qui firent, justement, remise de leurs dettes aux plébéiens de Rome à la mort de César.
Au plaisir de vous voir la semaine prochaine,
Raph
P.S.:Pour tous ceux qui voudraient avoir une idée du fond de ma pensée quant au problème des dettes, je suggère d'aller se renseigner sur Cléomène de Sparte (IIIe siècle avant N.È.)et sur ses méthodes.
faute de frappe et apostrophe
Un apostrophe pour monsieur Apostolski:
"Milton! thou should'st be living at this hour:
England hath need of thee . . .."
(William Wordsworth, "London, 1802")
p.s. Merci de corriger cette faute de frappe. Je suis heureux de constater que certains s’intéressent encore à l’histoire. J'ai très hâte de faire votre connaissance. Cependant, par simple curiosité, qu’avez-vous en commun avec les méthodes d'un tyran assoiffé de pouvoir qui a connu une triste fin ? L’impunité ?
Cordialement,
Zeb L.
Ironie
Petite précision: il est évident que je ne partage pas les idées de Cléomène sur le problème des dettes. Ni sur une quelconque supériorité des habitants d'une cité sur ceux d'une autre.
Mais il m'amusait de montrer comment on résolvait ce genre de problèmes dans l'Antiquité (bien qu'il y ait bien d'autres exemples moins violents et surtout plus efficaces).